ecologie-solutions. Cf. https://www.google.com/url?sa=i&url=https%3A%2F%2Fyoumatter.world%2Ffr%2Fecologie-solutions-efficaces-complexes%2F&psig=AOvVaw2YUsocS_o5_5x_YM7U1wsP&ust=1605082667671000&source=images&cd=vfe&ved=0CAkQjhxqFwoTCKjc6bPF9-wCFQAAAAAdAAAAABAE

 

Par Jean-Luc MULYANGA 

                                                                                                                                              « En respectant la nature, l’homme se construit, en méprisant la nature l’homme se détruit. La nature fait vivre l’homme : elle l’habille, le nourrit, le soigne »[1]

  1. L’Homme ne peut bien vivre que dans un environnement sain[2]. L’Écologie – comme cette science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu en tenant compte de leurs interactions – est une urgente question, parmi tant d’autres, dont les implications s’étendent à l’échelle mondiale.
  2. La nature, en fournissant à l’homme tout le nécessaire pour sa (sur)vie occupe une place non négligeable sinon décisoire dans son développement. La nature est la maison de l’homme : son refuge. Elle n’est pas séparée de l’homme comme un simple cadre de vie, car avec l’homme ils s’enchevêtrent. L’homme constitue, donc, une partie essentielle de la nature[3].
  3. L’homme est maître de la nature, non pour la détruire mais pour la gérer ou la construire parce qu’il est dans une relation d’implication-complication avec celle-ci. La destruction de la nature entraînera ipso facto celle de l’homme[4]. D’autant plus que la crise écologique dans le monde est un facteur non séparé de la vie sociale à tel point qu’elles s’influencent et se conditionnent tour à tour[5]. L’homme est seul destructeur de la nature et en reste le garant constructeur ou réparateur. L’homme est, ainsi, en même temps l’acteur et la victime de la crise écologique.  
  4. Les contrées du monde entier qui se donnent à une rasière de leur environnement – environnement, comme relation entre la nature et la société qui l’habite –, se condamnent à s’effondrer. Puisque, quand l’on prend soin de l’environnement, celui-ci prend aussi soin de nous[6] sans contestation.
  5. L’homme est invité à gérer, de manière responsable, la nature et tout son environnement. C’est en ce sens que Michel Serres dira : « La nature conditionne l’humanité qui, désormais la conditionne à son tour. La nature se conduit comme un sujet »[7]. Le rôle de la nature est grand et déterminant pour l’homme, même si celui-ci se montre encore irresponsable quant à son rôle de gérer son environnement. Il importe, d’investir dans le capital humain pour une prise de conscience responsable sur la gestion et la sauvegarde de la maison commune. Car les plantes vertes, les végétaux aquatiques et plus généralement tous les organismes capables de réaliser la photosynthèse sont des producteurs au sens large et sont bénéfiques à la survie de l’homme de toutes les époques et de tous les temps. « En respectant la nature, l’homme se construit, en méprisant la nature l’homme se détruit. La nature fait vivre l’homme : elle l’habille, le nourrit, le soigne »[8]. La nature fournit à l’homme tout le nécessaire. Mais, celui-ci dans son ignorance, son manque de bon sens de responsabilité continue à se montrer parasite. 
  6. Le développement ou l’essor de l’humanité trouve son importance dans la nature. Évident est-il que l’homme ne peut vivre seul. Il est un être-avec-autrui. Pour son plein épanouissement, il a besoin d’autres espèces. Les animaux ou les autres espèces éprouvent aussi, comme l’homme, des besoins. C’est dire que la relation homme-nature est du point de vue anthropologique une donnée existentielle[9]. Il s’agit là d’une relation d’implication-complication. Et derechef, dans la relation homme-nature, l’important est l’effort de décrire le rapport de ‘‘moi’’ aux choses et même à autrui en termes de complicité, d’empiètement et d’accouplement. Dès lors, la rencontre de l’homme avec les choses de la nature ne peut plus s’expliciter sous la modalité du face à face mais plutôt du côte à côte[10].
  7. La nature est humaine en tant qu’elle ne peut se comprendre sans l’homme, mais en même temps l’homme ne peut ignorer sa dimension naturelle en tant qu’être vivant, sentant[11]. Cependant, la réalité montre que l’impérialisme de l’homme dans sa relation avec la nature conduit à des actions qui détruisent la nature, et en particulier certaines espèces rares ; mieux la biodiversité. Ainsi, la destruction de la nature devient la conséquence de l’action humaine ; une action motivée par la hantise de tout posséder, de toujours accroître sa richesse. L’homme dans sa puissance apparente envahit et chasse les autres espèces pour vouloir vivre ou habiter seul la nature. L’homme, dans la gestion de son environnement (sa société), est invité à considérer l’importance de la nature pour son plein épanouissement. « L’individu vit d’autant mieux qu’il se fait nombreux : ainsi des sociétés ou même de l’être en général »[12]. L’individu est appelé à vivre-avec. L’homme fait partie intégrante de la nature et de son environnement. Il est un être matériel et biologique. Il est un être de la nature parmi tant d’autres. Il est utile et joue un rôle déterminant au sein de la nature[13].
  8. Par une mauvaise sauvegarde ou gestion de la nature, ou encore par une exploitation inconsidérée de celle-ci, l’être humain risque de la détruire et d’être à son tour la victime de cette dégradation. Nous causons tous de petits préjudices écologiques. Nous sommes appelés à reconnaître notre contribution petite ou grande à la défiguration et à la destruction de la création[14]. L’homme doit être en relation avec son semblable, la végétation, les animaux pour son épanouissement. Son rapport au monde n’est pas à appréhender sous un unique angle ; il s’articule en plusieurs volets : sur le plan technique, où l’homme se livre sans doute à la maîtrise de la nature ; et sur le plan symbolique par lequel l’homme verbalise son expérience dans le monde. Le rapport de l’homme au monde lui ouvre d’immenses possibilités pour l’épanouissement de ses facultés tant intellectuelles que morales. Il en bénéficiera lorsqu’il veillera sur l’importance de la nature de manière digne et responsable. Et du côté du monde lui-même, les choses obéissent à l’homme qui se révèle ainsi comme étant l’acteur principal. 
  9. Du monde, l’humanité reçoit des dons variés et riches. Et de cet homme, viennent toutes sortes de perturbations climatiques. Aussi, il sied de signaler que ce rapport que l’homme entretient avec la nature est, dans certains cas, incontrôlé, mauvais et dominant[15]. Il urge, donc, de baliser les réflexions sur la gestion écologique responsable. Ce que nous appelerons, en d'autres termes, l'écocitoyenneté. C’est-à-dire l’adoption d’une attitude ou d’un comportement responsable de tout citoyen vis-à-vis de la nature, en secouant sa conscience d’appartenir à un territoire qui garantit son existence. Il est là question pour tout citoyen d’agir de manière respectueuse et responsable face à l’environnement et de prendre conscience que, chacun de ses actes ou gestes quotidiens a une répercussion non seulement sur l’environnement, mais aussi et surtout sur lui-même.
  10. C’est, exactement, sur la note d’un appel urgent à la gestion écologique responsable que s’aligne notre propos. En effet, « la gestion écologique responsable conduit à la gestion humaine responsable ». L’homme est en droit de gérer la nature, non dans le sens de la détruire mais d’en être responsable. Par notre dissertation, nous invitons l’homme à assujettir la terre, c’est-à-dire la garder, la conserver et non l’agresser. L’homme n’est pas le propriétaire de la terre mais son gardien. L’autorité de l’homme sur la création doit imiter celle de Dieu dont il est l’image. L’homme, instauré maître du monde a pour sceptre la douceur. L’homme comme dernière œuvre du Créateur est chargé d’une mission qui n’est rien de moins qu’une responsabilité[16]. Cette analyse fait montre d’une interdépendance écologique, qui requiert de la part de l’humanité une coresponsabilité, une destinée commune grâce à la solidarité. L’humanité doit brider sa domination despotique de l’environnement, de contrôler sa croissance matérielle, d’utiliser les nourritures terrestres avec sagesse. 
  11. L’éducation à la responsabilité écologique devient urgente[17]. La gestion et la sauvegarde des écosystèmes supposent un regard qui aille au-delà de l’immédiat, parce que lorsqu’on cherche seulement un rendement économique rapide et facile, leur préservation n’intéresse ni n’importe réellement personne. Mais le coût des dommages occasionnés par la négligence égoïste est beaucoup plus élevée que le bénéfice économique qui peut en être obtenu[18]. L’homme est-il prêt de gagner le monde (économiquement) et perdre sa vie ?
  12. Que chacun, donc, convertisse ses idées vers une gestion écologique responsable… 

 

 



[1] O. Nkulu Kabamba : L’homme à travers les sciences, Bruylant-Academia, Bruxelles, 2005, p. 50.

[2] Cf. https://www.infogreen.lu/l-homme-ne-peut-bien-vivre-que-dans-un-environnement-sain.html, page consultée le 15 juillet 2020 à 11h32’. 

[3] Cf. François(pape) : Laudato si’. Lettre encyclique sur la sauvegarde de la maison commune, du 18 juin 2015, n° 139. 

[4] Cf. J.-L. Mulyanga Lupinda : « Face à la crise écologique en Afrique : Engagement, Indifférence ou Démission ?, in Chiedza, Vol. 21, n°1, Harare, Mai 2019, p. 60.

[5] Cf. Ibidem, p. 49. 

[6] Message du Nonce Apostolique au Kenya, S.E. Mgr Hubertus van Megen, lors de la cérémonie de plantation d’arbres pour marquer le 5eanniversaire de Laudato si’. Cf. https://twitter.com/gccm_africa/status/1262649533147774977?s=20, page consultée le 19 mai 2020 à 20h24’.

[7] M. Serres : Contrat naturel, Flammarion, Paris, 1999, p. 64.  

[8] O. Nkulu Kabamba : Op. Cit., p. 50.

[9] Cf. J.-L. Mulyanga Lupinda : ArtCit., p. 51. 

[10] Cf. C. Nketo : La faim sans fin en Afrique, L’Harmattan, Paris, 2015, p. 127.

[11] Cf. Ibidem

[12] M. Serres, Op. Cit., p. 77.

[13] Cf. J.-L. Mulyanga Lupinda : ArtCit., p. 51.

[14] Cf. François (Pape) : Op. Cit., n° 8. 

[15] Cf. J.-L. Mulyanga Lupinda : Art. Cit., p. 51.

[16] Cf. Ibidem,p. 59. 

[17] Cf. P. Crabbé : La Responsabilité cosmique de l’humanité. Un examen critique de Laudato Si’, Médiaspaul, Montréal, 2018, pp. 93-94. 

[18] Cf. François (Pape) :Op. Cit., n° 36.